« ça va être dur, c'est une page qui se tourne, je suis désolé ».
En larmes, Steve Savidan quitte la salle de presse du centre d'entraînement de La Turbie. Quelques minutes auparavant, il avait annoncé : « Compte tenu de la majoration du risque d'accident lors de la pratique du football, ma signature à l'AS Monaco n'est plus possible. Il est aujourd'hui hautement probable que les médecins ne me laisseront pas poursuivre ma carrière ».
On n'ira pas jusqu'à avancer qu'on le pressentait, mais l'interminable attente qu'y entourait une éventuelle signature de Steve Savidan à l'AS Monaco commençait à susciter de nombreuses interrogations.
Pourquoi « Savigol » n'était-il toujours pas Monégasque, alors que tous les détails semblaient réglés ? Tous, sauf un en l'occurrence. Celui lié à la santé de l'ancien Valenciennois qui, suite aux différents examens réalisés dans le cadre du bilan médical d'embauche le 29 juin (jour de ses 31 ans), souffre d'une « anomalie cardiaque d'apparition récente », a-t-il déclaré hier, avant de poursuivre : « C'est une grosse déception, je voulais vraiment signer à Monaco. Je voulais vendre du rêve ici ». Du Savidan dans le texte mais le coeur n'y est plus. La tête non plus.
« Ma route va continuer, je vais rentrer à Caen pour poursuivre les examens et les recherches. Mais...»
Peut-être aurait-il pu continuer ?
La raison l'a sans doute emporté.
Le bourreau de Barthez en soir de février 2007 - il lui avait inscrit ce soir-là un quadruplé - s'est rendu à l'évidence.
Keller : « Steve sera toujours le bienvenu »
Sa carrière de joueur est désormais derrière lui. Une carrière atypique pour un garçon devenu international à 30 ans, lors d'une rencontre face au Paraguay durant laquelle il enflamma le Stade de France par quelques envolées.
Révélé au grand jour sous le maillot valenciennois, club avec lequel il connaîtra trois montées successives, le natif d'Angers se distinguait par son style proche d'un certain Jean-Pierre Papin. Son jeu basé sur l'explosivité, le mouvement et la spontanéité manquera à coup sûr à notre Ligue 1, mais surtout à Monaco comme en témoignent les propos du manager général Marc Keller : « Le club avait tout mis en oeuvre pour qu'il vienne. C'est un immense regret. Steve sera néanmoins toujours le bienvenu ».
Pour preuve, c'est lui qui donnera le coup d'envoi de Monaco-Toulouse lors de la première journée de championnat.