En matière d'accueil des malades victimes d'un malaise cardiaque, les Alpes-Maritimes ne font pas partie des départements défavorisés. Elles semblent mieux lotis que Paris et sa région. : Photo Alban Hillion Le drame de l'Essonne - le décès samedi soir d'un homme de 56 ans faute de place en service de réanimation - est-il susceptible de se produire dans les Alpes-Maritimes ? « C'est peu probable » estime à Nice le professeur Jacques Levraut, responsable à l'hôpital Saint-Roch du pôle urgences-samu-smur.
Victime d'un malaise cardiaque, le quinquagénaire de la région parisienne avait été pris en charge par une équipe du Samu qui, durant six heures, aurait contacté sans succès 27 services de « réa » en mesure de réaliser une coronarographie (N.D.L.R. : un examen des artères coronaires). Admis à l'hôpital de Longjumeau, qui ne disposait pas des équipements adéquats, il était mort dans l'ambulance du Samu avant d'arriver à l'hôpital parisien de Lariboisière où une place venait de se libérer.
Un département bien équipé
L'histoire fait froid dans le dos. Sans exclure un tel scénario sur la Côte d'Azur, le professeur Levraut juge donc le risque « limité ». « Le département » explique-t-il « est bien fourni, en plateaux techniques capables de déboucher une coronaire. L'important est d'accomplir le geste qui sauve. Le problème du lit disponible peut se régler ultérieurement, quitte à recourir provisoirement à un brancard. À l'exception des plus âgés, les patients en état d'urgence vitale sont évidemment soignés en priorité ». « Si l'infarctus est aigu, la prise en charge est immédiate, même en l'absence de lits », complète le professeur et doyen de la faculté de médecine Daniel Benchimol. « Je ne comprends d'ailleurs pas ce qui s'est passé en région parisienne. C'est peut-être un problème de communication ».
Le bémol de médecins urgentistes
S'agirait-il d'une erreur individuelle malencontreuse, d'un « cas particulier mis en exergue pour dénoncer le manque de personnel » selon les termes du professeur Philippe Paquis, visant les déclarations alarmantes et très médiatisées de Patrick Pelloux, le remuant président de l'Association des médecins urgentistes de France (Amuf) ?
Responsable azuréen de cette association, le docteur Luc Terramorsi admet à Nice que les Alpes-Maritimes sont bien équipées en plateaux techniques coronariens. Il déplore cependant que « la sécurité des malades, tous secteurs confondus, ne soit plus toujours assurée ». « À l'occasion des fêtes, lors d'afflux massif de patients » assure-t-il « on travaille en dessous des normes de sécurité. Certains malades passent jusqu'à 48 heures sur un brancard. Même s'ils demeurent suivis, ils peuvent voir leur état s'aggraver sans que l'on s'en rende forcément compte, à ce niveau d'engorgement du service ».
Le professeur Levraut ne nie pas les difficultés à accueillir les malades en période de congés, lorsque ferment des lits en milieu hospitalier et en ville de nombreux cabinets libéraux. « Toutefois » ajoute-t-il « tous les services de réanimation sont restés ouverts cette fin d'année. Les Alpes-Maritimes ne font pas partie des départements défavorisés. Ils semblent mieux lotis que Paris et sa région... »