Christian Estrosi entouré des élus niçois et de ses supporters : « Je porterai la voix de Nice à Paris, avec les trois autres députés niçois, siégeant tous au sein du conseil municipal. » : Photo Franck Fernandes C'est sans surprise que Christian Estrosi a retrouvé, hier, son fauteuil de député de la 5e circonscription des Alpes-Maritimes, qu'il avait laissé en « gérance » à son suppléant, Charles-Ange Ginésy, le temps de sa nomination au gouvernement Fillon 1.
Si la participation a été encore moindre qu'il y a 8 jours - 32,72 % contre 35,71 % - le maire UMP de Nice a réuni 69,38 % des suffrages (19 875 voix) soit 1 364 de plus et près de 10 points de mieux que lors du premier tour.
Autant, en pourcentage, que son concurrent socialiste, Paul Cuturello qui totalise 30,59 % et 8 762 voix (2 497 de mieux que dimanche dernier).
« Il est plus difficile de gagner dix points quand on a fait 60 % que quand on en a fait 20... » glisse Christian Estrosi dans son bureau, jonglant avec ses portables. Il lit un sms : « C'est magnifique, Claude...». Il chuchote : « Bonsoir François... » C'est Guéant, la voix de Sarko qui se manifeste par texto, c'est Fillon, qui téléphone, preuve que Paris a pensé à Nice, hier soir, et que ses déclarations contre la gestion de l'UMP ne l'ont pas fait sortir de la famille.
2658 voix d'avance à Nice-ville
Mais ce sont les résultats de Nice qui tardent et ça l'agace. Le verdict tombe : sur les deux cantons niçois (le 9e, celui du conseiller général socialiste... Paul Cuturello, et le 14e) le député-maire grimpe à 62 et 67 %. Sur Nice-ville, il devance son rival de 2 658 voix. Pour lui c'est un succès, tout autant que le fait d'être arrivé en tête dans 69 des 72 communes de la 5e (Saint-Antonin, Cantaron et Auvare ont voté majoritairement pour le candidat Cuturello).
Les résultats continuent de tomber. Tournefort lui donne 93 %. Saint-Etienne-de-Tinée et Saint-Martin-Vésubie se tirent la bourre (autour de 79 %)...
La soirée se prolonge rue Saint-François de Paule, à Nice... On prend les paris : plus ou moins 70 % ? Ce sera moins, à peine moins, d'un cheveu...
« Les gens sont arrivés à saturation...» Dans la foule, c'est l'explication la plus communément avancée. Le trou d'air du gouvernement, les manifs, le vote-sanction sont balayés d'un revers de bulletin. On pense à coup sûr que c'est une élection interne, à Nice et aux Alpes-Maritimes.
Le verdict est enfin tombé. On chante Nissa la bella, demain est un autre jour, dans l'ordre des choses vues de Nice.
Et pour éloigner les derniers doutes, il y a quelqu'un d'avisé pour rappeler que lors de la dernière législative partielle (1998, Jacqueline Mathieu-Obadia contre Patrick Mottard) à peine un quart des électeurs s'était déplacé...
Les résultats bureau par bureau en page locale de nos éditions de Nice