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Monaco-Matin
Actualité Monaco
vendredi 11 juillet 2008

L' algue toxique Ostreopsis débarque sur la plage du Larvotto

 La plage du Larvotto hier à Monaco. Une présence anormalement élevée de l'algue toxique dans deux échantillons d'eau de baignade sur sept, a justifié hier une information officielle des autoritaires sanitaires. 	(Photo Marc Mehran))  :   La plage du Larvotto hier à Monaco. Une présence anormalement élevée de l'algue toxique dans deux échantillons d'eau de baignade sur sept, a justifié hier une information officielle des autoritaires sanitaires. (Photo Marc Mehran)) :

«Informer le public sans semer la panique », c'est le message que souhaite faire passer la Direction de l'Environnement de la Principauté, après les résultats préoccupants des analyses d'eau de mer effectuées mercredi dans les eaux de baignade monégasques (voir pages 2 et 3), juste devant les plages du Larvotto. Là où des centaines de personnes se baignaient encore hier, profitant de l'eau à 20 degrés dès le matin.

Lors d'une série de prélèvements d'eau de mer, effectués dans le cadre habituel de la surveillance des eaux de baignade, deux échantillons sur sept ont en effet révélé une forte présence de cette algue toxique microscopique « Ostreopsis ovata », que l'on trouve d'ordinaire dans les eaux chaudes tropicales. Mais depuis quelques années, l'algue invisible se plaît sous d'autres latitudes ; elle a été détectée en grand nombre sur plusieurs plages du sud de l'Europe, à Marseille, Barcelone, Gênes, et maintenant à Monaco.

Suite aux analyses de la Direction de l'Environnement, les services concernés du Gouvernement princier se sont réunis hier au Ministère d'Etat afin d'évaluer la situation.

«Deux paramètres nous préoccupaient» a déclaré hier Cyril Gomez, directeur de l'Environnement : cette algue est-elle présente dans l'eau de mer ? et y a-t-il des cas groupés de symptômes d'intoxication ? C'est le premier paramètre qui a attiré notre attention, puisque les analyses ont montré que l'algue est bien présente dans les eaux monégasques... La vigilance autour de la prolifération éventuelle de cette algue reste, bien évidemment, accrue, par l'information des médecins et des services sanitaires et la multiplication des contrôles...».

Les deux échantillons concernés, rappelons-le, ont montré des taux élevés situés « entre 30 000 et 40 000 cellules d'Ostreopsis par litre d'eau de mer », selon Cyril Gomez.

Fermeture des plages ?

Il n'existe aucune norme européenne concernant les taux d'Ostreopsis dans les eaux de baignade. Cependant, en France, l'Institut de veille sanitaire (INVS) et IFREMER (Institut français de recherche et d'exploitation de la mer), ont fixé un « seuil de vigilance et de pré-alerte » correspondant à 4 000 cellules d'Ostreopsis par litre d'eau de mer. Monaco se situerait donc nettement au-dessus (dix fois plus) de ce seuil de « pré-alerte ».

Alors peut-on se baigner aujourd'hui sur la plage du Larvotto ? Les autorités sanitaires ne se prononcent pas et ajoutent : «Les maîtres-nageurs sont prévenus en cas de problème...».

Un « cas groupé » d'intoxication, « au moins deux personnes », précise la DASS de Monaco, pourrait signifier le déclenchement d'un autre dispositif, avec comme à Gênes en 2005 et 2006, la fermeture temporaire des plages.

(1) Voir par ailleurs nos articles en pages 2 et 3.

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