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AS Monaco

 : Franz Chavaroche
: Franz Chavaroche
Édition du mercredi 08 août 2007

Mongongu : le patient congolais

Le petit Cédric a d’abord grandi à Kinshasa, la capitale de la République Démocratique du Congo. Ses parents venus s’installer dans larégion parisienne alors qu’il n’avait que 6 ans, préfèrent, en attendant,le confier à sa grand-mère qui l’a élevé jusqu’à son 6e anniversaire où ila rejoint ses parents en métropole. Bien sûr, il n’a pas conservé beaucoupde souvenirs du pays natal. Cependant, à l’occasion de sa premièrevisite à l’été 2004, cela lui a fait tout drôle de retrouver toute safamille. « Notamment ma grand-mère que je n’avais pas eu l’occasion derevoir ». Ses parents descendent de Paris quand ils peuvent en Principautépour soutenir et encourager leur fils unique. « Ma mère était présentepour mes débuts en coupe le soir de Monaco-Toulouse. Pour mesdébuts en L1 samedi soir ils étaient encore en congés au Congo. »


Il y a trois saisons de cela, HenriBiancheri disait déjà à propos deCédric Mongongu, défenseur centralde la CFA à 16 ans et 2 mois :« Retenez bien son nom, ce gamin,faux lymphatique sur un terrain, estun phénomène dans la lignée Thuram».
Depuis, Cédric a avalé les échelonspuisqu’il a disputé samedi son premiermatch pro contre Saint-Etienne. Un peu plus de 20 minutesdurant, qui auront largement suffià son bonheur et qui en appellentd’autres.
Cédric a chaussé ses premierscrampons en poussins à La GarenneColombes. C’est alors qu’ilévoluait en -13 ans au Racing Parisque les yeux de l’ASMFC, MM. Catalanoet Giordano, ont été séduitspar ce diamant brut. Après un essaiconcluant en Principauté, il intégraitle centre de formation pourses 14 ans.

Un diamant brut

Il commence sa formation sous lahoulette de Paul Pietri (-15 ans) etde Laurent Banide (16 ans Nationaux).Après un très court passageavec les 18 ans, Barilaro en a fait unpensionnaire à part entière en CFAalors qu’il avait tout juste 16 ans.Joueur polyvalent en défense centrale,ou milieu défensif, il inclinedavantage pour le poste de n°6 :« On est plus concerné par le jeu etl’on touche davantage de ballons ».
Lors des matchs de préparationl’an passé, Lazlo Bölöni l’avait invitéà participer à un match amical àVillareal. Début décembre dernier,Laurent Banide, qui l’avait eu soussa coupe, l'appelait — avec Bakar—à se joindre à l’entraînement despros : « Comme Laurent Banide etDavid Barriac connaissaient bienmes qualités, ils furent très exigeantsavec moi. Ils en voulaient toujoursplus à l’entraînement, ils savaientnous pousser », se souvient Cédricreconnaissant.

Une fulgurante ascension

Ainsi, il eut progressivement le privilègede faire partie du groupe des20 lors du déplacement à Lyon. S’ilne figura pas sur la feuille de cematch-test en cette veille de Noël,la véritable échéance n’était pasloin.
A dix-sept ans et demi, le 21 janvierdernier, il fit ses grands débutsparmi l’élite à l’occasion des 16e definale de la Coupe de France face auToulouse FC (2-0). « J’étais superstressé. Pour me rassurer à la pauseDavid Bariac m’avait dit que si lecoach venait à me faire entrer en jeu,il ne fallait pas que jem'inquiète, queje joue simplement comme je sais lefaire. Là j’ai compris que j’allais rentrer.»
Remplaçant Jeremy Menez à la 80eminute, Cédric s’installait parfaitementdans l’entre-jeu pour tenir lescore. « Laurent Banide ne m’avaitpas trop parlé avant ce match. Jeme souviens qu’il m’a rappelé certainesconsignes avant de pénétrersur la pelouse. A 11 contre 10, on menait1-0. Il m’a dit simplement derester en place et de bien défendre. »
Derrière, il figura régulièrement surla feuille de match en L1. Qu’il observeradu banc contre Rennes, àSedan, face à Auxerre, au PSG, àLens, Nancy… Entre temps laCoupe lui tendit une nouvelle fois laperche : contre Sochaux (0-2) en1/8e. Entré à l’heure de jeu à la placede Yaya Touré, cela reste son piresouvenir. « Nous étions menés 1-0,Sochaux était trop fort, d'ailleurs, ilsont remporté la finale. C’était trèsdur, le match, l’élimination. »

Un contrat Elite pro

Ceci dit il en fallait davantage pourque le jeune Cédric se laisseabattre. « A l’image de Serge Gakpé,dire qu’en septembre dernier je medisais que ce serait déjà bien de merapprocher du groupe pro avant lafin de saison! ». Pari plus que tenupuisque Cédric s’est vu proposercomme son pote Djamel Bakar designer un contrat Elite-pro en juinquelques jours avant son 18e anniversaire.Pour ne plus être dépendant de sescoéquipiers, il n’a pas pris de vacancesdurant l’intersaison. Afin desatisfaire à l’examen du permis deconduire qu’il a obtenu il y a unmois, deux jours avant la reprise del’entraînement. Depuis trois semainesil peut ainsi monter à LaTurbie au volant de son Audi A3.

Emule de Dagobert

Ses débuts en L1 samedi resterontun grand moment. « Je pensais êtredéjà vacciné au haut niveau, n’empêcheje flippais encore un peu.
Quand Ricardo m’a appelé pour rentrerj’étais un peu perturbé. Je mesuis levé du banc et j’ai vu quej’avais mis monmaillot à l’envers. Jeme suis vite assis pour le remettre àl’endroit. »
Avenant et jovial, physiquement ettechniquement taillé pour les combatsdu haut niveau, il reconnaîtqu’il doit peaufiner sa post formation.
« En pro il y a plus de rythmequ’en CFA, cela va vite, il faut êtreconcentré, très véloce. Ma grandeforce c’est d’être toujours très sereinsur le terrain. Par contre il me fautêtre plus endurant. J’ai souffert lorsdes deux premières semaines depréparation physique avec Ricardo.Mais j’en faisais encore plus car jesais que j’en aurai besoin pour lasuite. »
De nationalité congolaise, Cédricregrette de n’avoir pu suivre sespotes Bakar, Zola, Malonga, Traoréen sélections nationales chez lespetits Bleus. « Déjà à 16 ans,chaque fois qu’ils partaient en sélectioncela faisait un vide et moi jen’étais jamais concerné. Maintenantils sont en -19. Pour mes 18 ans j’aidéposé ma demande de naturalisationfrançaise. Peut-être que montour va enfin arriver et que je vaispouvoir les rejoindre. »
J-B Labatut
Nice-Matin

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