Après ce premier mois de compétition non stop, où 20 % du chemin a été déjà parcouru, l’ASM (13 points) est cette fois dans le quatuor de tête, pas dans le grupetto de l’an passé. Ricardo attendait sans doute un petit supplément d’âme samedi à Bordeaux pour ramener quelque chose de plus de ce second déplacement consécutif. Mais Monaco, fourbu, n’a pas été capable de donner ce dernier coup de rein avant la trêve internationale. « Nous avons commencé à jouer à partir du moment où l’on a été mené, regrettait le coach qui reconnut la supériorité adverse. Bordeaux est une belle équipe qui peut aller au bout ».
Laurent Blanc a fait davantage tourner que Ricardo qui prenait un risque évident sur ce 3e match en huit jours.Il l’a parfaitement assumé. « Ce qui a fait la différence ? Plus de fatigue chez nous sans doute, mais aussi parce que Bordeaux a bouclé son recrutement depuis presque un mois et nous tout juste. Nené vient d’arriver, il n’était pas encore capable de démarrer un match. Adriano a simplement signé samedi...
« Le ballon arrivait devant mais était rapidement rendu à l’adversaire, on ne gagnait pas les duels. J’ai vu beaucoup plus de mouvement au milieu côté bordelais en première période mais nous avons assez bien géré. Avec les rentrées de Gakpé, Nené et Pino, nous avons réussi à conserver un peu plus la balle. Nous n’avons pas pris de point, mais il n’y a pas eu que du négatif ».
Menez a paru totalement absent. Ni concentré, ni trop concerné. Pourtant, Ricardo ne lui en tient pas rigueur. « Il est capable de faire douter l’adversaire, de faire la différence à lui tout seul. Il a réalisé un bon début de saison, disons qu’il a beaucoup donné jusque-là et que cela s’est ressenti samedi ».
Le coup de patte de NenéPour son deuxième petit bout de match, Nené, lui, a montré sur le flanc gauche l’étendue de sa palette technique, des possibilités qu’offre ce joueur polyvalent et disponible. Surtout, Monaco s’est trouvé un maître tireur de coup franc qui faisait singulièrement défaut. On connaît l’importance d’un Juninho à l’OL, d’un Romaric au Mans. Son coup de patte enroulé dans la lucarne de la 89e a laissé Ramé pantois.« Je peux dire maintenant que nous avons pris un bon départ, mais pas plus que cela », estima Ricardo.
Aucun entraîneur ne peut il est vrai avoir plus de certitudes, ceux d’en haut comme d’en bas.Avec Nené et Adriano, l’effectif monégasque est maintenant plus homogène, les différents postes mieux équilibrés. Ricardo n’entendrait pas tout de même changer de tactique. A moins qu’il ne dissimule son jeu. « Pourquoi ? Nous avions déjà une bonne base, les nouveaux vont nous permettre de progresser tous ensemble ».Si le système ne varie pas, on peut s’attendre tout de même à de nouveaux positionnements ou recadrages compte tenu du profil des nouveaux arrivants. « Pas trop, on a le temps pour étudier tout ça », a conclu Ricardo.
J.-B. LABATUT