Édition du lundi 13 août 2007
Lorient - AS Monaco : trop d'insuffisances
La critique est aisée, mais l’art est difficile, c’est bien connu. Pourtant, quelle tristesse de voir cette ASM totalement à côté de la plaque samedi soir au Moustoir. Des zombies en première période. Fébriles, déboussolés, inexistants, méconnaissables !« Bougez-vous ! », hurlait à ses joueurs la cinquantaine de supporters monégasques, ulcérée de ne pas les voir aligner trois passes consécutives ni se battre dans le bon sens du terme.Pan sur la trompetteAu royaume du biniou, de la cornemuse, du cornet, de la bombarde (le 37e Festival interceltique battait son plein), les rouge et blanc ont reçu un sacré coup sur la trompette (2-1). Et Lorient-Express en pleine poire si bien qu’ils n’ont pu s’en remettre.Les insuffisances apparues face à Saint-Etienne se sont trouvées grossies à l’extérieur. Et les changements d’hommes opérés n’ont rien changé. Fébrile défensivement, le collectif est devenu friable, le milieu toujours aussi inconsistant et les attaquants livrés à eux-mêmes, quel que soit leur nombre. Lorient est une bonne petite équipe, vivante, entreprenante, mais qu’adviendra-t-il alors face à une grosse cylindrée. On doit déjà se poser la question.Cherche fond de jeu« Ce n’est pas tellement le système qui est important, aimait à rappeler un ex-entraîneur de l’ASM aperçu samedi dernier au Louis-II, c’est l’animation ».Mais pas plus que la saison passée on n’a décelé ce moindre pouce de fond de jeu sur lequel s’appuyer, construire. Comment vouliez-vous dès lors que les Monégasques s’en sortent correctement ?La fuite en avantCertes, sur la fin, Monaco aura profité de la baisse de régime ou de l’euphorie adverse pour se refaire un peu la cerise, sortir de la torpeur. Ce fut essentiellement dû à des exploits individuels. Pas plus de jeu, mais de longs ballons dans l’axe, quelques rares centres – enfin –, sur lesquels Koller-Gakpe-Menez se jetèrent pour aller gagner leur pain. Et le hold-up (le nul) aurait pu réussir…Mais il n’était pas mérité, comme le reconnaîtra humblement Ricardo qui attend Meriem et Bernardi comme des messies. Mais ce ne sera pas avant Sochaux.Tout cela pour répéter que si, au vu de ce second match, Monaco ne pourra faire l’économie d’un ou deux renforts, une individualité si brillante soit-elle ne fera pas davantage une grande équipe, elle s’ajoutera aux autres. C’est plus d’une question d’animation, de complémentarité, d’équilibre général qu’il s’agit.
Nice-Matin