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AS Monaco

Édition du lundi 20 août 2007

Ce Monaco-là tient la route

«La balle est dans son camp. C’est à lui de décider ce qu’il veut faire. »
Sur la pelouse de Bonal, une demi-heure avant le coup d’envoi, Jean Petit, sourire en coin, semblait pressentir que cette soirée serait celle de Jan Koller.Deux heures et un doublé plus tard, le Tchèque, annoncé partant au Feyenoord Rotterdam, avait reposé ses valises sur le Rocher.
Ses deux buts mis à part, Koller, malgré un certain déchet, aura aimanté et déstabilisé l’arrière-garde comtoise. A l’extérieur plus encore qu’à domicile, sa capacité de conservation du ballon et de fixation des défenses constitue une arme intéressante.

Un bloc homogène

Au-delà d’une réussite toujours aléatoire, la prestation du géant asémiste aura eu valeur de symbole. La façon dont chacun le congratula après son premier but est d’ailleurs significative de la solidarité qui semble animer le groupe monégasque.En une semaine, le moteur s’est sensiblement huilé.
Dans la presse locale, Maurice-Belay pariait sur la valeur collective sochalienne pour contrarier les individualités monégasques. C’est l’inverse qui s’est produit. Un ensemble asémiste très homogène a réduit Sochaux à s’en remettre, sans succès, au seul talent de deux solistes en verve, Stéphane Dalmat et Birsa.A Bonal, Monaco a confirmé sa capacité à jouer en équipe, dans la continuité et non plus par quelques numéros isolés d’intermittents du spectacle, si doués soient-ils.D’Ouest en Est, de Lorient à Sochaux, ce fut le jour et la nuit d’une semaine à l’autre.
En dépit des absences non négligeables de Roma, Monsoreau et Bernardi, l’ASM aura fait preuve d’une grande constance, d’une belle sérénité aussi dans sa gestion du match.
L’assise défensive bien calée autour d’un Ruffier impeccable et d’un très convaincant Modesto, Monaco obligea Sochaux à s’en remettre à des frappes lointaines pour forcer un destin qui ne voulut jamais lui sourire.
Dès lors, ce fut presque un jeu d’enfant pour les Monégasques d’exprimer leur fort potentiel offensif en contres.

Maturité

Après deux premières sorties poussives, l’équipe a gagné en maturité collective, à l’image d’un Jérémy Menez qui eut l’intelligence de ne pas répliquer aux imbéciles quolibets du public sochalien.
Bref, les 35 supporters présents à Bonal ont trouvé pas mal de raisons d’envisager l’avenir en rose. Ce Monaco-là peut voyager loin, dans un championnat qui s’annonce très touffu.
A condition de ne pas s’enflammer après deux succès face à deux candidats... au maintien. Mais on peut compter sur Ricardo pour éviter aux têtes de gonfler.Dans l’immédiat, le Brésilien va prier pour que l’éparpillement de ses nombreux internationaux ne vienne pas gripper la belle mécanique mise en route depuis deux matches, avant la réception du Mans samedi.
Thierry Prudhon
Nice-Matin

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