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AS Monaco

Édition du mardi 19 février 2008

Une piquette historique...

Sous les yeux du Prince Albert - qui a quitté le stade passablement contrarié - le premier 6-0 encaissé par l'ASM dans l'histoire du nouveau Louis-II a donc eu lieu hier soir.

Une parodie de résistance, de la part de Monégasques réduits à dix, mais surtout battus par insuffisance de vaillance et de talent.

Un verdict très lourd à porter, trop lourd sans doute dans les sacs des joueurs qui se sont évanouis dans la nuit sans s'arrêter devant les capteurs d'état d'âme à chaud que sont les micros des journalistes (tous, sauf Frédéric Piquionne, fidèle au poste dans les bons moments comme les pires).

Il y avait eu le 9-0 contre Bordeaux en 86, il y aura ce 0-6 de 2008 ; du grand cru monégasque à la piquette totale, l'ASM devra surtout essayer de s'en remettre, pour sauver ce qui peut encore l'être dans cette saison.

« ça va être difficile de rebondir, confirme Piquionne. Il va falloir essayer de dormir un peu, retrouver l'entraînement demain (aujourd'hui), travailler, se serrer les coudes, former le groupe qu'il faut, il n'y a pas tellement d'autres solutions. »

« Et si Monaco a du caractère, il faudra le montrer au Parc des Princes. »

Constat d'échec

Entre les mots, Piquionne n'élude pas les maux qui taraudent l'ASM et qui ont fini par lui exploser à la figure, face à un adversaire européen, trop fort pour lui.

« On est un groupe nombreux, il y a beaucoup de joueurs, ce sera au coach de faire jouer les meilleurs ». Façon diplomatique de rappeler que l'ASM n'a toujours pas trouvé son véritable onze, équilibré et complémentaire.

Après 25 journées, c'est un échec. Pour Ricardo, ou pour les individualités, qui ne se sont pas assez affirmées ? Les deux, sans doute.

« A domicile, on est trop timides, on ne pense pas assez à gagner », ajoute le Martiniquais.

Sifflé lors de son remplacement, Piquionne a dû pourtant se sentir souvent bien seul en pointe.

Le 4-4-2 mis en place par Ricardo avec Menez en tant que deuxième attaquant n'a pas fonctionné.

« Il faut une révolte »

Et lorsque Gakpe puis Bakar sont rentrés, il était déjà trop tard. Ainsi ouvert à plus de risques, mais en infériorité numérique, Monaco a volé en éclat.

Et on se souvient qu'à Marseille, lorsque Ricardo avait voulu jouer la carte de l'attaque au coup d'envoi, Monaco avait craqué deux fois en dix minutes. Alors ?

Le coach a sans doute l'impression d'avoir tout essayé, sans résultat probant. Après le crash d'hier soir, le gros de la crise n'est peut-être pas passé.

« Heureusement qu'on a pris des points jusqu'à présent. Car derrière, ça revient vite. On n'est pas encore sauvés. Il faut une révolte, c'est impératif. »

On est loin de l'Europe, d'un seul coup. Mais le constat est probablement plus conforme aux moyens actuels de l'AS Monaco.

François Paturle
Nice-Matin

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