Le 33e PSG-Monaco de l'histoire (1-1) ne restera pas dans les archives de la scène parisienne. Entre un grand déprimé (le PSG) et un traumatisé par la piquette bordelaise (l'ASM), il ne fallait sans doute pas s'attendre à une partie d'allégresse...
Hormis le rush d'Amara Diané, sur le but parisien, les éclairs de génie ont été rares au Parc.
On fait ce qu'on peut. Avec la forme du moment. Monaco est certainement allé à l'essentiel. Il est venu trouver (ou récupérer) ce qu'il cherchait : une discipline, une fierté, une partie de son jeu, et même un point de plus au classement. Les joueurs de Ricardo n'ont donc pas perdu leur temps dans la capitale. Une soirée qui a apporté quelques nouveautés à propos d'un Monaco en rédemption.
Un équilibre retrouvé
« Pokrivac placé devant la défense a contribué à équilibrer notre jeu », confie Ricardo. Le jeune transfuge du Dinamo Zagreb (22 ans) n'a pas raté ses débuts. Il a été efficace à la récupération et dans le jeu court.
Ricardo cherche depuis des mois un système capable de protéger sa défense.
Avec son 4-3-2-1 parisien, le coach brésilien est peut-être sur la bonne voie. Le trio Meriem-Pokrivac-Almiron (de gauche à droite) a fait correctement le boulot défensif mais a aussi permis de remonter le ballon proprement. De quoi rassurer l'ensemble de l'édifice.
Un milieu conquérant
Cela ne pouvait échapper à Michel Hidalgo (ancien Monégasque, parmi d'autres titres), croisé à la sortie du Parc : « Ce numéro 8, Almiron, c'est une vraie recrue pour l'AS Monaco ».
Pour son 4e match sous la tunique blanche, l'Argentin prêté par la Juve commence à démontrer pourquoi il vaut 7,5 millions d'euros à l'achat. Ce faux lent au coup de patte inspiré a couvert un terrain énorme au Parc, participant (largement) à la domination du milieu monégasque. En trois saisons à Empoli, il avait inscrit 18 buts, 6 par saison.
Son premier « gol » (opportuniste) avec l'ASM a effacé bien des tourments au onze du Rocher. « Le poste préféré d'Almiron est milieu offensif, derrière les deux attaquants », relève Ricardo.
À Paris, l'ancien de Santa Fé était surtout chargé d'occuper le couloir droit.
Il l'a fait de long en large, éclipsant Jérôme Rothen, notamment.
Un nouveau mental
« Mon équipe, menée, n'a jamais paniqué », se félicite Ricardo. Une fois n'est pas coutume, pourrait-on rajouter... « Il fallait peut-être passer par la catastrophe bordelaise pour qu'une vraie prise de confiance s'opère », remarque le coach.
« Mon discours n'a pas changé. Mais le discours, plus le vécu, ça donne l'expérience. Les trois derniers matches, on avait commis beaucoup trop de fautes, on n'était pas solides dans les têtes. En comparaison, ce que j'ai vu à Paris m'a beaucoup plu ». La fameuse « stabilité émotionnelle » que Ricardo appelait de ses v?ux ferait-elle enfin son apparition à l'ASM ? Possible.
La question de l'attaquant de pointe
Frédéric Piquionne (qui a grandi à Paris) espérait briller devant sa famille et ses amis venus en nombre au Parc, samedi. Raté... L'attaquant a dû finalement attendre la 46e pour entrer dans la danse, à la place de Jérémy Ménez touché à la cuisse (une lésion ressentie durant la semaine qui rend incertaine la participation de l'ex-Sochalien contre VA).
Un Piquionne donc légèrement frustré mais utile, puisqu'à l'origine de la bourde de Landreau et de l'égalisation d'Almiron. « Fred est un joueur de percussion, puissant, mais au départ, la priorité était de pouvoir retrouver la confiance en gardant la balle dans les pieds, avec un milieu fourni et technique », justifie Ricardo.
Serge Gakpe présentait dès lors peut-être davantage le profil du joueur seul en pointe. Mais le rôle ne doit pas être simple à tenir.
Car Gakpe, s'il n'a pas été adroit, n'a eu que peu de ballons à négocier. C'est là où Monaco devra montrer autre chose à domicile.