C'était sa dernière prestation sur la scène de l'école Saint-Charles... Entouré de ses plus jeunes élèves, le directeur Claude Palmero a animé le spectacle de fin d'année des Maternels. : Photo Gaëlle Rungi Après 36 ans de carrière dans l'enseignement, Claude Palmero prend sa retraite et laisse la place Évelyne Dupont (voir encadré ci-dessous). C'est une page qui se tourne à l'école Saint-Charles qu'il dirige avec passion depuis 19 années.
Ce vendredi, dernier jour de classe avant les grandes vacances, est, pour tous, chargé d'émotion.
Rencontre.
À 57 ans, vous partez déjà en retraite. Pourquoi ?
« Cela fait 36 ans que je travaille. C'est un métier où il faut être à 100 %. Je ne veux pas faire d'années en trop. Aujourd'hui, ce qui me tient à coeur, c'est de passer la main.
Comment était l'école à vos débuts ?
Très belle... J'y ai fait toutes les classes de Primaire. Jamais de Maternelle. Pour permettre la construction de la nouvelle école, nous nous sommes installés, durant plus de 5 ans dans l'école du Rocher. [NDLR : où se situe le Centre Princesse Stéphanie.]
À votre retour à Monte-Carlo en janvier 1992, l'école correspondait-elle à vos attentes ?
Nous n'avons pas travaillé sur les plans mais sur l'aménagement de la nouvelle école. Un bel outil avec piscine, gymnase. J'aurais aimé une cour d'accueil. Mais le parvis de Saint-Charles permet déjà de voir les parents et les enfants arriver. C'est important.
Si important que l'on vous a vu tous les matins à l'entrée de l'école...
Voir arriver les enfants, c'est primordial. Si un élève ne va pas bien, ça se voit tout de suite. On peut ainsi intervenir plus vite, discuter avec les parents. Et puis, accueillir les gens, c'est sympa. C'est certainement cette demi-heure que je regretterai le plus. D'ailleurs, je vais peut-être me réveiller à 8 h 30 (rires)...
Quel est votre plus beau souvenir ?
Mon avant-dernière classe. Des enfants exceptionnels avec lesquels il s'est passé quelque chose durant deux ans, en 8e et 7e... Une alchimie... Je m'en souviendrai toujours. Il y a 2 ou 3 ans, ils sont venus à la remise des prix. Inoubliable...
L'école d'aujourd'hui ressemble-t-elle à celle de votre début de carrière ?
Les choses ont énormément évolué. Les parents sont beaucoup plus attentifs à leurs enfants, se font du souci pour eux. Trop parfois. Les élèves sont globalement beaucoup plus éveillés. Quant à l'Éducation nationale, elle a changé car la société a changé. Avant, l'école, c'était lire, écrire, compter. Maintenant, de nombreuses activités ont été introduites.
Mais les programmes scolaires retrouvent les fondamentaux...
Oui, c'est une bonne chose, car en travaillant sur les fondamentaux, on gagne du temps. Le programme du gouvernement Sarkozy [NDLR : Le programme de la principauté est celui de l'Éducation nationale française] ressemble à ce que l'on faisait il y a 30 ans. Il aide beaucoup plus les enfants non francophones. Or, ici, 50 % sont de langue maternelle étrangère. L'objectif est de leur donner les outils qui leur permettent de connaître le français.
Outre l'enseignement, quel est selon vous le rôle majeur de l'école ?
Prendre du plaisir à travailler. Les résultats sont liés à l'envie d'apprendre.
Que souhaiteriez-vous voir perdurer à Saint-Charles ?
D'abord la philosophie du plaisir de venir à l'école. Que le théâtre et l'expression corporelle conservent aussi une place de choix.
Pourquoi cette passion ?
Parce que dire une poésie sur une scène de théâtre, c'est mieux que de la réciter en classe. Lorsque je mettais les enfants en scène il y a 30 ans, on me regardait avec des yeux ronds. Maintenant, l'Éducation nationale nous encourage.
Pourquoi n'avoir travaillé qu'en Primaire ?
C'est la meilleure tranche d'âge. J'ai pris le virus. C'est comme le golf.
Votre nouvelle activité ?
Ce n'est un secret pour personne. J'ai envie d'y jouer le plus possible. Mais chaque fois qu'on me sollicitera, je serai là... »