Sur la passe de Nenê, Camel Merem s'est engouffré. Il a vu l'ouverture. Il a battu Lloris en y mettant tout son coeur.
Un but en or pour l'AS Monaco. Une frappe superbe, fuyante et liftée, sur laquelle l'ancien sochalien s'est probablement délesté de plusieurs tonnes de frustration. International à quatre reprises, au début de l'ère Domenech, Camel Meriem paraissait destiné à la trajectoire des grands numéro 10 du pays.
Son arrivée à Monaco, durant l'été 2005, devait le relancer au carrefour de l'Europe. A l'image du parcours en souffrance de l'ASM, la suite s'est avérée moins évidente, plus torturée. Jusqu'à cette saison, où le regard triste de Camel trahissait une situation mal vécue. Parfois blessé, pas toujours titulaire, Camel Meriem décevait en même temps que l'ASM piétinait. Pour la première fois de sa carrière, démarrée un soir d'automne 98 à Montbéliard, Camel Meriem n'avait toujours pas inscrit le moindre but dans l'exercice Il a donc attendu cette 35e journée, ce derby de feu au Ray, que tous les pronostics donnaient dans la poche de l'OGC Nice. Il a offert, outre les trois points qui valent un gros compte sur le Rocher, son meilleur match de la saison. Où l'on a revu le vrai Camel Meriem, au sein d'une escouade monégasque qui a gagné la bataille du milieu.
Almiron, Nenê, Meriem, la technique monégasque n'était pas que théorique hier soir !
« Camel a débuté sur le côté, ensuite on l'a replacé au centre et il a été excellent », a commenté Ricardo, qui n'a pas l'habitude de distiller les compliments faciles. « Meriem a fait un grand match. »
A la 53e, le numéro 21 monégasque aurait pu rendre la politesse à Nené si l'arbitre n'avait signalé à tort un hors jeu du gaucher brésilien.
Et que dire de la performance d'Almiron, impressionnant de puissance et d'adresse pour le 2-0 monégasque sur le service de Gakpe...
C'est une belle soirée», a dit Camel Meriem après coup. On a fait preuve de beaucoup d'envie, d'abnégation. Je n'avais pas joué les deux trois derniers matches, c'est vrai que j'étais un peu frustré. J'avais à coeur de faire un bon match. » Tout simplement. Encore que Ricardo, fou de joie à la fin, a aussi évoqué l'inexplicable. « Mon équipe a besoin de matches comme ça pour montrer du caractère. je m'y attendais. Mais je ne saurais vous dire pourquoi... »