ça n'a pas traîné. Un coup de fil du Prince Albert chez lui à Chicago, la semaine passée. Jérôme de Bontin arrive mardi en Principauté. Direction le Palais, et décision prise dans la soirée : celui qui était administrateur du club depuis 2002 accepte de prendre la présidence de l'AS Monaco, succédant à Michel Pastor et Gérard Brianti, « démissionnaires ».
Hier, la prise de fonction entrait dans la phase pratique. Jérôme de Bontin a rendu visite aux joueurs et au staff technique à La Turbie, avant de « descendre » au Louis-II où l'attendait sa première conférence de presse de président de l'AS Monaco. Après un exposé de politique générale, un brin longuet, Jérôme de Bontin, visiblement heureux (et ému) de se lancer dans l'aventure, a répondu aux questions...
Devenir président à six journées de la fin, cela peut surprendre dans le monde du foot...
C'est la décision du Prince, plus que ma propre volonté. Cela ne m'a pas posé de problèmes, sauf à annoncer à mes partenaires à Chicago et à Los Angeles que j'allais quitter l'entreprise pour m'installer à Monaco ! Mais je sais d'expérience que la saison prochaine se prépare dès aujourd'hui ; j'en ai conclu que c'était plus une aubaine qu'autre chose, cette possibilité d'avoir un impact dès maintenant sur ce que seront nos budgets et notre équipe l'an prochain. En particulier à cause de l'Euro du mois de juin qui change un peu la nature du marché à la fin du championnat.
La perspective d'une possible descente en L2 ne vous a pas refroidi ?
Disons que depuis la victoire à Strasbourg, cette hypothèse s'est éloignée. Il est clair que ce n'est pas la vocation de l'ASM de jouer en L2. Et je suis confiant sur le fait que nous nous maintiendrons. Il y a six ans (en 2002), j'avais estimé, à la lumière des problèmes auxquels nous étions confrontés, que ce serait une saine décision que de laisser la DNCG nous imposer la deuxième division. La suite des événements m'a donné
tort, mais je m'étais préparé à cela. Il y a des grands clubs historiques, comme Marseile ou Saint-Etienne, dont le passage en L2 a permis de mieux repartir.
« Ricardo est un homme attachant »
Comptez-vous garder l'entraîneur Ricardo, malgré les résultats décevants ?
Bien sûr. Je pourrais vous répondre, Ricardo est le meilleur entraîneur au monde, et vous ne me prendriez pas au sérieux ; ou si je vous disais, je ne le connais pas, vous ne me prendriez pas au sérieux non plus. Ricardo est un garçon qui est arrivé l'année dernière, avec un très bon bagage, qui est apprécié par les joueurs et qui est je crois très apprécié par l'ensemble du staff technique de l'AS Monaco. Je l'ai rencontré pour la première fois hier soir ; il m'a donné le sentiment d'être un homme très attachant et j'ai toute raison de penser qu'il sera là pour de nombreuses années. C'est ce que je souhaite. Je compte sur Ricardo pour la saison prochaine. J'estime que la stabilité est nécessaire pour former une belle équipe.
Comptez-vous essayer d'attirer de grands joueurs ?
Je l'espère, j'ai quelques idées en tête... Comme je l'ai dit, je veux me poser en garant du beau jeu de l'AS Monaco. On a la chance d'avoir des supporters engagés à vie derrière le club. On n'en a pas 20 000. L'objectif est d'y arriver.
Où en sont les difficultés financières supposées de l'ASM. Allez-vous apporter des moyens accrus ?
Grâce à l'intervention de Michel Pastor et de son groupe MFI, les finances ont été assainies. Je suis arrivé il y a 48 heures seulement, mais sur la base des budgets qui m'avaient été présentés en début d'année, j'ai confiance dans le fait que l'on peut au moins reconduire le budget de cette année la saison prochaine (ndlr : 90 millions d'euros environ). Et que sur la base des engagements de nos sponsors, nous ayons un budget équilibré. Au sujet des moyens supplémentaires, j'amène une « short list » d'une demi-douzaine de partenaires susceptibles de nous rejoindre. Ce sera au Conseil d'administration de trancher (...). J'ajouterai que l'argent est nécessaire mais ne fait pas tout. Il y a des clubs moins fortunés qui réussissent mieux.
« Passionné, je le suis »
Quid de la SBM ?
L'AS Monaco est un joyau de la principauté (...) Il est très clair que la SBM qui est le propriétaire des principaux hôtels et des principaux casinos a un intérêt économique directement lié à l'ASM. Aujourd'hui, la SBM fait partie de nos sponsors.
Est-ce qu'à l'avenir on pourra convaincre la SBM d'entrer dans le capital du club, c'est un sujet dont on parle. A ce jour, aucune décision n'a été prise.
D'où comptez vous présider ? De Chicago, ou des bords de la Méditerranée ?
Je m'installe à Monaco. J'ai pris la décision dans la foulée, avant-hier. J'ai trois enfants qui ont déjà quitté la maison. Ma femme, qui est Autrichienne, est ravie de quitter les bords du lac Michigan où il fait très froid en hiver pour les bords de la Méditerranée où il fait bon toute l'année. Je m'installe à Monaco, j'ai l'intention d'être un président omniprésent et de m'ingérer dans l'ensemble des affaires du club.
Vous vous dites passionné...
Je le suis ! Pour réussir dans ma tâche, c'est indispensable. Il faut avoir envie d'aller voir les jeunes, la formation (...). D'ailleurs, la formation est essentielle à la réussite du club. Il faut que nous retrouvions le meilleur Centre de L1.
Le terme d'intérimaire, qui a entouré votre venue ?
C'est juste une question de légalité. Je pense que nous aurons un conseil d'administration en début de semaine prochaine voire en fin de semaine au plus tard et que le titre intérimaire sera alors retiré.
Pensez-vous que Michel Pastor et Gérard Brianti vont demeurer au Conseil d'administration ?
Je n'ai pas la réponse. Mais je ne le pense pas.