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Monaco-Matin

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vendredi 04 juillet 2008

Domenech, le futur antérieur !

 Raymond Domenech peut faire le Raymond Domenech peut faire le "V" de la victoire : il est maintenu à la tête des Bleus. : AFP

Un sélectionneur d'une grande nation de football a-t-il un devoir de résultats ? Un programme minimum à respecter ?

C'est le genre de questions qui revenaient comme un refrain jusqu'à hier. Que l'on se posait sans trop d'illusion. Avant que Jean-Pierre Esacalettes et le conseil de ses (vieux) sages ne donnent une réponse hallucinante : Raymond Domenech conserve ses prérogatives à la tête des Bleus ! Un magicien aurait-il sorti un plus beau lapin de son chapeau ?

Conclusion en forme de gag après un Euro cataclysmique dont on attendait tant. En football comme ailleurs, le ridicule ne tue donc pas. C'est bien le sentiment qu'on éprouve aujourd'hui, associé à un brin de honte, voire de colère !

« L'Euro ? Un échec retentissant, pas très glorieux sur le plan sportif et plus grave est peut-être la dégradation de l'image de l'équipe de France ». La conclusion d'un opposant farouche à la gestion Domenech ? Non, tout simplement celle du président de la Fédération Française de Football qui, dans la foulée de ces quelques mots, se muait en avocat (du diable ?) pour conforter son technicien.

On croit rêver.

Embrassons-nous !

Sur la tête

C'est une grande première dans l'histoire de la sélection. Jamais un "loser" n'avait bénéficié d'une telle mansuétude. De Verriest (1960) à Santini (2004), ils sont tous partis « à l'insu de leur plein gré » ou en toute connaissance de cause, mais n'ont jamais osé imposer leur personnage au lendemain d'une déroute ou d'un succès.

Guérin, Arribas et Snella, Fontaine, Dugauguez, Boulogne, Kovacs, Hidalgo, Henri Michel, Platini, Houllier, Jacquet, Lemerre, Santini, ça pesait tout de même plus lourd qu'un arrière latéral à moustaches, doublé d'un coach présentant comme unique palmarès un tournoi de Toulon avec les Espoirs.

Qu'il avoue un jour, avec un peu d'humilité, qu'il est allé en finale d'un Mondial par procuration...

Oui mais voilà, les gros pardessus du football français marchent sur la tête. Ont peur de leur ombre et défendent leurs (énormes) privilèges sans vergogne.

Deux générations ont eu rendez-vous avec la « gagne » : celle de Platini et l'homme est à la tête de l'UEFA. L'autre, celle de Didier Deschamps, fait peur. Le capitaine est au chômage. Laurent Blanc a eu un mal fou à trouver un club. Les autres commentent, écrivent, conduisent, jouent au golf. Il faut être drôlement costaud pour se passer de pareils talents !

En sursis

Les Bleus ont donc conservé leur chef. Ils sont heureux ! Ils étaient d'ailleurs les principaux soutiens de Domenech. Il n'aurait plus manqué qu'un capitaine blessé, qu'un libéro malade, qu'un arrière latéral hors de forme, qu'un jeune décevant, qu'un gamin inconnu crachent dans la soupe ! Un comble.

Le calendrier est clair, la feuille de route limpide : qualification pour le mondial en Afrique du Sud exigée. L'Autriche, la Serbie, la Roumanie, la Lituanie, les Iles Féroé sont sur la route. Des adversaires que l'on va probablement présenter comme des « monstres » sur l'échiquier mondial. Le jeu des calculs de boutiquier aurait déjà débuté.

L'opposition est rentrée dans sa tanière en attendant des jours meilleurs. Deux ans, c'est long et très court à la fois. Deschamps et les siens seront toujours plus jeunes et plus compétents que le sélectionneur actuel.

A moins qu'il ne se prenne les pieds dans le tapis plus rapidement.

Un déplacement malheureux en Autriche, un revers contre la Serbie, un choc perdu en Roumanie et l'heure du changement prématuré sonnerait.

Le nom du sauveur intérimaire est déjà connu : Gérard Houllier, le DTN, endosserait bien volontiers l'habit du sauveur de la patrie. Pour oublier Israël et la Bulgarie et surtout pour renverser un homme qu'il n'a jamais porté dans son coeur. On vous disait que le foot était fou et qu'il faisait tourner les têtes à défaut de faire chavirer les coeurs...

Yves Mérens
Monaco-Matin

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