Le samedi 17 mai, à 15 h place Masséna à Nice, va se tenir la plus importante manifestation de supporters. Des Ultras de nombreux clubs de France et d'Italie sont attendus. Mais qui sont ces inconditionnels ? Que revendiquent-ils ? Des membres de la Brigade Sud répondent...
Vos revendications ?
Nous luttons contre la répression contre les Ultras. Les interdictions de stade abusives parce que nous sommes condamnés sans être jugés. Nous voulons la liberté d'expression dans les stades à travers les banderoles, les chants. Il faut des limites mais elles deviennent abusives. Quand on allume un fumigène, on encourt trois ans de prison. Lorsqu'on dégrade un monument ou un cimetière, la peine encourue est d'un an. Il faut davantage de cohérence dans les sanctions. Nous voulons également un meilleur traitement par les forces de police. Nous sommes parfois parqués en déplacement de 10 h du matin au soir sans boisson, ni nourriture. Les CRS nous provoquent alors que les gendarmes nous respectent. Enfin, nous combattons le foot business et la dissolution des groupes de supporters alors qu'ils tiennent un rôle social. Sans ces groupes, il n'y aurait pas d'encadrement. Et donc davantage de violence.
Selon le dictionnaire, un ultra est une personne qui professe des opinions extrêmes. Cela vous choque-t-il ?
Non, car on ne vit que pour le groupe. Nous supportons notre équipe et nous vivons ça au quotidien. On dédie notre vie à notre club. Notre groupe passe avant nos épouses, nos vies !
Après la grève des encouragements, si on vous dit que vous êtes davantage ultras que Niçois ?
C'est vrai que notre groupe passe avant le club. Cela fait 23 ans que l'on soutient le Gym avec honneur et fidélité. Pour une fois, nous avons pensé à nous. A notre avenir. Une Coupe d'Europe avec 100 interdits de stade, on n'en veut pas ! Et ce sont les organisateurs et sans eux, il n'y a plus de BSN ! On a voulu nous priver de notre raison de vivre. Et la seule façon de nous faire entendre était de se taire.
Votre image de racistes ?
C'est vrai qu'à cause de gens comme les Parisiens, nous avons été assimilés à des racistes. On ne l'est pas du tout, on ne fait aucune discrimination. Il est interdit de sortir un drapeau français ou de chanter la Marseillaise. Ce serait la porte ouverte à tout. Chez nous, ce sont les couleurs rouge et noir, stop !
Mais vous êtes solidaires avec les Boulogne Boys et autres ultras ?
On n'a pas le même maillot, mais la même passion. Ce qui leur arrive peut nous arriver demain. Par le passé, il y avait des tensions entre tous les groupes, le 17 mai nous serons solidaires pour la même cause.
Mais il y a des cris racistes...
Et ils n'ont rien à y faire ! On va au stade pour supporter nos couleurs. Tout le reste doit rester à la maison.
La banderole sur les Ch'tis ?
On a éclaté de rire. On était même jaloux de ne pas l'avoir sortie les premiers. Même les ultras de Lens ont rigolé. Ça ne nous a pas choqués, ça fait partie du jeu. Les Nordistes avaient aussi affiché une banderole « Marseillais, bienvenue en France ». Mais cette banderole a été sortie au Stade de France, devant le président de la République. Lui a été choqué et tout le monde a suivi. Si cela s'était passé au Parc en championnat, on n'en aurait pas parlé.
Vous critiquez les médias, mais aujourd'hui vous vous tournez vers eux...
On a beaucoup de méfiance à leur égard car des propos ont été déformés. Mais on n'a rien à cacher. Nous pouvons être pris en photo, interviewés. C'est le seul moyen de nous exprimer. Sinon, comment se faire entendre ? Nous désirons faire changer d'avis l'opinion : la majorité des ultras ne cherchent pas des problèmes.
Comment changer votre image ?
Nous ne sommes pas de tendres moutons, mais notre mauvaise image a été exagérée. Il est sorti tellement de mauvaises choses. Le dialogue a été coupé. Reprenons-le !