A Vallauris, la jeune socialiste Noria Chaib avec 8,45 % des suffrages est recalée des le 1er tour. : Photo Frantz Bouton Ce n'est pas demain la veille qu'un Barak Obama, une Angela Merkel ou un candidat d'un canal politique non historique - en clair un dissident - montera sur la 1re marche du podium électoral sur la Côte d'Azur.
L'autre bilan des municipales pourrait être ainsi résumé : il ne faisait pas bon être femme, candidat de la diversité ou fauteur de désunion hier sur la scène du scrutin municipal azuréen.
La parité en rade
C'est la morale de ce scrutin encore très machiste. Certes, il y a quelques exceptions. Elles sont rares. Au Cannet, Michèle Tabarot (UMP) devient l'unique championne de la parité. Histoire de venger le sexe électoralement faible, Mme le maire, avec 65 %, améliore encore son score fleuve de 2001... s'offrant ainsi une « élection de sénateur », pas de sénatrice.... Les adages populaires sont décidément macho.
Sur les 17 femmes qui conduisaient une liste, Michèle Tabarot demeure la seule femme à la tête d'une ville de plus de 3 500 habitants.
En revanche, c'est une femme qui sauve l'honneur pour l'extrême droite.
La femme serait-elle l'avenir du FN azuréen ? N'en déplaise à Aragon et Ferrat, Monique Lartigue est la seule représentante du parti de Jean-Marie Le Pen a sortir le Front du gouffre électoral dans lequel, scrutin après scrutin, il semble s'enliser. En gagnant 500 voix par rapport à 2001, elle hisse le FN au-dessus de la barre des 10 %... de justesse.
Les femmes politiques doivent encore se contenter de faire de la résistance. A Cannes, la socialiste Appoline Crapiz parvient, à la force de sa seule constance, à se faire une petite place au casting du second tour. Avec 10,43 % des voix. D'un rien. Mais c'est déjà énorme sur un Croisette où les droites font leur festival.
Les dissidents se contentent de semer le trouble
Empêcheurs de voter en rond, les dissidents de tous bords ne sont pas parvenus à modifier la partie électorale. Du moins dans les grandes villes. A Nice, Patrick Mottard, exclu du PS pour crime de dissidence, rassemble 6,5 % des suffrages sur son nom, mais doit s'incliner devant la suprématie pourtant relative du candidat officiel du Parti Socialiste, Patrick Allemand. A Menton, Me Thierry Giorgio n'a réussi qu'une chose, mettre littéralement « en pétard » Jean-Claude Guibal. En obtenant 26 % des suffrages, le dissident divers droite prive le député-maire sortant (48,62 %) d'une élection de sénateur au premier tour. A Cannes, enfin, Philippe Tabarot, le jeune conseiller général UMP, ne devrait pas ravir son siège à Bernard Brochand. Pour autant, avec 23 % des voix, il sème le trouble dans les esprits des proches du maire-sortant. D'autant que Jean Martinez, l'autre dissident divers droite, proche de Michel Mouillot, fait lui 20,82 %.
La fameuse exception qui confirme la règle s'appelle Stéphane Cherki. A Eze, l'homme d'affaire parisien balaye au 1er tour Noël Sappia, ce maire qu'on croyait inamovible. Stéphane Cherki n'a pas il est vrai regardé sur les moyens. Tout Eze se souvient en effet de la colossale surprise party de plusieurs dizaines de milliers d'euros qu'il offrit à tous les habitants du village. Choyés et couverts de cadeau, les Ezasques n'en sont toujours pas revenus. C'était pourtant l'hiver dernier, et à l'époque Stéphane Cherki juraient ses grands dieux qu'il n'était candidat à rien à Eze.
La diversité contrariée
Certes, il y aura des élus de la diversité. La France électorale accepte ses différences. Mais la route est encore longue... Si à Nice, Fatima Khaldi est en bonne place sur la liste de Christian Estrosi pour intégrer le prochain conseil municipal - quel que soit le résultat final dimanche prochain -, les candidats de la diversité qui partaient seul au front électoral ont connu un dimanche douloureux. A Vallauris, la jeune socialiste Noria Chaib avec 8,45 % des suffrages est recalée des le 1er tour. Dans le 13e canton, Mohamad Fiqh connaît le même sort en récoltant moins de 5 % des suffrages.
Il est vrai que dans un département historiquement ancré à droite, les deux seuls candidats de la diversité partaient sous la bannière de la gauche.