Newsletter Actualité

Abonnez-vous gratuitement
Monaco-Matin

Actualité Monaco

mardi 29 janvier 2008

Alpes Maritimes : La crise des impayés du tramway de Nice met en péril 17 entreprises locales

 Le centre de maintenance du Rouret au centre de la polémique..  :  Photo Franck Fernandes Le centre de maintenance du Rouret au centre de la polémique.. : Photo Franck Fernandes

«Si on ne finit pas par nous payer tout ce qu'on nous doit, on ira au clash. S'il y a des fautifs dans ce dossier, ils devront un jour ou l'autre payer ». Le coup de gueule est « signé » Furax. Et hier, les 17 patrons des entreprises sous-traitantes du tramway de Nice s'appellent tous Furax au sortir de l'assemblée plénière de la communauté d'agglomération Nice-Côte d'Azur.

Jacques Peyrat vient pourtant de faire voter une ligne budgétaire de 2,2 Me d'euros? afin d'être en mesure de payer une toute petite partie de ce que la Canca doit depuis septembre aux entreprises locales qui ont construit le centre de maintenance du tramway au Rouret.

Une goutte d'eau dans un océan de dettes publiques ? Manifestement : l'ardoise globale des impayés de la Canca s'élève à près de 12 millions d'euros. La seule solution pour que les 17 petits patrons de PME locales du BTP soient payés rubis sur l'ongle pour le travail qu'ils ont fait, aurait été que Jacques Peyrat, en tant que président de la Canca, signe un ordre de réquisition. C'est le seul moyen d'obliger le trésorier-payeur général à débloquer les fonds publics.

On se souvient que ce dernier s'y était refusé, estimant que le dossier du marché du Rouret comportait trop de zones d'ombre : notamment sur les prix des prestations différents d'un document à l'autre.

« Ce n'est pas à moi d'assumer »

Un argument que Jacques Peyrat réfute? assurant que tout a été fait dans les règles, renouvelant sa confiance aux fonctionnaires, laissant entendre « qu'à travers ce dossier on veut peut-être l'atteindre politiquement », mais se refusant cependant à signer cet ordre de réquisition. « Je me dis que si le trésorier n'a pas voulu engager sa responsabilité, c'est qu'il doit y avoir peut-être quelque chose qui l'inquiète, expliquait hier le sénateur-maire de Nice. Et ce n'est pas à moi d'assumer la responsabilité financière et pénale en prenant de telles réquisitions. Tout le monde me l'a d'ailleurs déconseillé. »

Les créanciers du tram, et leurs 600 employés devront donc se contenter d'empocher 15 % seulement des sommes qui leur sont dues. Du moins si le trésorier-payeur donnait son aval, ce qui n'est pas encore certain. Mais quoi qu'il en soit, ces 2,2 petits millions d'euros débloqués hier ne résoudront pas la situation comptable des petits patrons du BTP dont certains affirment être au bord du dépôt de bilan : « Certains d'entre nous ignorent s'ils pourront assurer la paye de février. Ce qu'on sait tous en revanche, c'est qu'entre septembre et novembre, la Canca nous a fait bosser dur et sans relâche pour que le ruban du tram soit coupé en grandes pompes le 24 novembre », tempête Paul Di Natale, patron de l'une des 17 entreprises locales victimes de cette affaire ubuesque.

Car ubuesque, cette affaire l'est définitivement. Car ces 2,2 millions d'euros semblent être pour la Canca le solde de tout compte. « Le plus simple pour qu'on sorte tous de cet imbroglio, c'est que les entreprises nous déférent devant le tribunal administratif », confiait hier un haut fonctionnaire.

On croit rêver, et pourtant tant que les entreprises du tram n'auront pas fait condamner la Canca pour « enrichissement sans cause » devant le tribunal administratif, elles ne pourront être payées pour les prestations dûment effectuées au centre de maintenance du Rouret :

« C'est fou. Personne ne conteste le boulot qu'on a réalisé, mais on vient nous dire : patientez deux ou trois ans avant d'être payés. Or, plus de la moitié d'entre nous n'a pas les reins assez solides financièrement pour attendre que la justice lui rende grâce », s'emporte Dominique Capellini, patron d'une société de métallurgie.

L'affaire des impayés du tram de Nice est donc loin d'être résolue.

Jean-françois Roubaud
Monaco-Matin

Les autres titres

maville.com Tous les flux RSS d'actualités