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Monaco-Matin

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vendredi 04 juillet 2008

Alain Bernard : « Faire encore mieux à Pékin »

 Serein et déterminé, le nageur antibois ne perd pas de vue ses objectifs. Dans la dernière ligne droite de sa préparation, Bernard est prêt à affronter une rude concurrence à Pékin.  :  Sébastien Botella Serein et déterminé, le nageur antibois ne perd pas de vue ses objectifs. Dans la dernière ligne droite de sa préparation, Bernard est prêt à affronter une rude concurrence à Pékin. : Sébastien Botella

A trente-cinq jours de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Pékin et à trente-et-un de son entrée en lice dans les séries du 100 mètres nage libre, Alain Bernard a accordé hier sa dernière conférence de presse avant le rendez-vous asiatique. Dans les salons de Thalazur, l'Antibois est apparu souriant et détendu, aux côtés de son entraîneur, Denis Auguin, et de son agent, Robert Leroux. Durant près d'une heure, il a répondu avec franchise et simplicité aux questions des journalistes. La concurrence américaine qui s'agite, sa façon d'aborder les grandes échéances, sa combinaison, sa préparation et ses ambitions. Le grand blond a tout passé en revue.

Jason Lesak vient de réussir un chrono de 47''58 sur 100 m nage libre pendant les sélections américaines. Votre sentiment ?

Il est à huit centièmes de mon record du monde. C'est bien, ça prouve qu'on progresse encore à cet âge-là (32 ans)...On ne va pas s'affoler, on ne l'avait pas fait non plus après le record de Nystrand en petit bassin.

N'avait-on pas oublié les nageurs US un peu trop vite ?

Ils n'ont pas été écartés par tout le monde. Il ne faut mettre personne de côté. Tous les grands seront là. On doit surtout s'attendre à voir surgir des mecs qu'on connaît moins, comme le Canadien Hayden par exemple.

Avec cinq des neufs meilleurs performeurs de l'histoire, les Américains repassent devant en vue du relais 4 x 100 m...

(Ironique) Ah bon ? Tant mieux. ça nous motivera pour aller encore plus vite. Si on nage tous à notre meilleur niveau, on ne sera pas loin. C'est normal qu'il y ait beaucoup d'intensité dans leur équipe. Les performances de leurs compétiteurs sont très denses.

Ressent-on une pression supplémentaire quand on arrive aux Jeux en détenant le record du monde ?

Je ne m'en rends pas compte. Le but, c'est de nager le plus vite possible à chaque fois. (Denis Auguin prend la parole). Les autres n'ont pas le record, mais ils sont très proches. ça revient au même. La pression est sur tous les favoris, et ce n'est pas plus mal.

Justement, Alain. Beaucoup de champions ont craqué lors des JO...

Oui. Mais de mon côté, je crois avoir acquis plus de maturité. Et puis les Jeux restent un moment unique pour chacun. La pression ne gâche pas le plaisir d'y aller.

Quelques mots

sur votre préparation ?

Elle a débuté il y a huit ans. Je travaille dur, en ne me contentant jamais de ce que je sais faire. Je veux avoir le bagage nécessaire pour être le plus fort et le plus serein. C'est vraiment plaisant d'être au plus haut niveau. Je ne me lasse pas, j'ai envie de faire encore mieux à Pékin. C'est ce qui me motive tous les jours. Avec Denis, on échange de plus en plus. Là on entre dans les dernières semaines. Je vais partir en stage à Megève, du 6 au 12. Je reviens une dizaine de jours à Antibes, et le 26 on partira à Dalian (Chine) avec l'équipe de France. Ce qui est primordial, c'est d'arriver frais psychologiquement. À Dunkerque, je ne l'étais pas assez. ça m'a servi, je ferai attention.

Denis, comment trouvez-vous Alain en ce moment ?

ça va très bien. Il est en avance sur tout ce qu'il fait. À l'entraînement, il y a des jours où ça ira, d'autres moins. On ne devra pas s'alarmer, ni s'enflammer. Je le juge toujours sur son investissement, pas sur ses perfs. On sait que tout le monde sera prêt sur le plan physique. Il faudrait être idiot pour ne pas l'être ! Alain doit arriver sur le plot en étant le plus serein.

Alain, quel effet ça fait d'être un sprinteur qui vise l'or sur le 100 mètres,

la catégorie reine ?

C'est la classe ! (il éclate de rire). C'est la course qui fait le plus rêver parce que, sur les huit nageurs en finale, on ne sait jamais qui va gagner. Le 50 m, c'est trop court, les gens n'ont pas le temps de comprendre ce qui se passe (il rigole encore).

Donc, si vous deviez choisir, vous préféreriez l'or sur le 100 m ?

Je ne veux pas choisir. Que ce soit sur le 50, le 100 ou le relais, ça resterait de l'or olympique ! À ce niveau, il n'y a que des belles courses, même si le 100 m est plus exposé. De vrais prétendants ne vont pas réussir à se qualifier pour la finale.

La notoriété, les relations avec les sponsors. Tout cela n'est pas trop difficile à gérer ?

Avec Robert (Leroux), Franck (Esposito) et Denis, on s'est organisés pour cadrer tout ça. Mes partenaires savent que ma préparation est très importante. La notoriété, on ne s'y habitue pas. Ce n'est pas quelque chose de naturel, j'essaie toujours de rester le plus normal possible. Ce qui me gêne le plus, c'est que les gens s'approprient tes résultats. Cela pourrait être un compliment, mais comme j'ai le record, tout le monde me voit gagner d'avance. Et quand une contre-perf' arrive, tu es le dernier des...

Propos Recueillis Par Jimmy Boursicot
Monaco-Matin

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