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AS Monaco

Édition du vendredi 11 avril 2008

AS Monaco : la révolution de Palais

Le nouveau président de l'AS Monaco a l'accent américain. Il s'appelle Jérôme de Bontin, administrateur du club depuis 2002 (voir son portrait ci-dessous). Le communiqué officiel, hier peu après 16 heures, a été lapidaire. Mais l'annonce est venue du Palais, et non du club. Signe clair d'une reprise en main en haut lieu...

« M. Jérôme de Bontin vient d'être désigné président intérimaire du Conseil d'administration de l'ASM-FC. Cette décision fait suite à la démission, acceptée par le Prince, de M. Michel Pastor et de M. Gérard Brianti, respectivement président et vice-président de ce club ».

Le bouleversement, c'en est un, intervient alors que l'AS Monaco a remporté samedi à Strasbourg son premier match depuis le 23 janvier, faisant un pas vers le maintien en L1... De toute évidence, la position de Michel Pastor et Gérard Brianti au sein de l'ASM était devenue intenable depuis quelque temps.

La faute à un bilan, sur les trois dernières saisons, très loin des objectifs et du standing du club de la Principauté, finaliste de la Ligue des champions en 2004, aujourd'hui englué dans les eaux troubles du classement.

Le mécontentement du Prince, relayé par les bruits du couloir, avait éclaté devant les caméras de Canal + lors de la piteuse défaite à domicile contre Bordeaux (0-6). Albert II (dont on connaît l'âme de sportif) quittant le stade avant le coup de sifflet final, non sans avoir donné le coup de pied à son fauteuil dans les loges...

La « démission » de Michel Pastor et Gérard Brianti, actionnaires de la holding MFI (qui détient 51 % des parts de l'ASM-FC), intervient alors que l'on parle de plus en plus d'une reprise en main du club par la puissante SBM (Société des Bains de Mer), dont 69 % des parts appartiennent à l'Etat monégasque...

L'échec de Pastor et Brianti

Président de l'AS Monaco depuis juin 2004, Michel Pastor, Monégasque, riche prometteur immobilier de la société éponyme, n'aura donc pas réussi à appliquer à l'ASM les recettes qui ont fait sa réussite dans les affaires. Les choix de recrutement, orchestrés notamment par son vice-président Gérard Brianti, ont été marqués par plusieurs bides retentissants. Les cas de Mohamed Kallon, Di Vaio, Vieri, Kapo ou Gerard, joueurs rémunérés à hauteur de sommes colossales, pour un rendement minimal, ont stigmatisé l'errance d'un club finissant par donner l'image agaçante d'un repaire pour stars sur le déclin, avides d'une défiscalisation adaptée au soleil...

Après Didier Deschamps, parti de son propre chef le 19 septembre 2005, alors que l'ASM était mal classé (début du véritable déclin du club), la valse des entraîneurs n'a rien arrangé à la qualité du jeu monégasque. Guidolin et Bölöni, tour à tour remerciés, n'ont jamais trouvé la formule magique. Laurent Banide, embauché pour l'opération sauvetage la saison passée, n'aura pas été conservé.

Reste à savoir si l'AS Monaco, qui se plaignait de ne plus pouvoir rivaliser avec les grands clubs européens en terme de moyens financiers, retrouvera une partie de son lustre d'antan dans cette reprise en main des affaires quotidiennes.

Et si M. de Bontin est appelé à être davantage qu'un intérimaire... On en saura plus aujourd'hui, l'intéressé devant s'exprimer pour la première fois à la mi-journée.

François Paturle
Nice-Matin

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